🌛 Sujet De Dissertation Sur Les Caractères De La Bruyère

Jeande La Bruyère écrit : « Un homme né chrétien et Français se trouve contraint dans la satire ; les grands sujets lui sont défendus : il les entame quelquefois, et se détourne ensuite sur de petites choses, qu’il relève par la beauté de son génie et de son style. » (Les Caractères, 1688, chap. I, fr. 65) Dans quelle mesure cette remarque vous Continuer la lecture de Sujet Sujet/ exercice : Les caractères, La bruyère Suggestion traitée : Non - votez pour rendre ce sujet populaire. Forum actif : oui demander de l'aide en francais (college, lycee) | ajouter une suggestion. popularité de la suggestion cliquez sur l'étoile pour voter. 0 . Enoncé & travail préliminaire : Bonjour, J'aimerais que vous m'aidiez a trouver des idées d'axes de Lisezce Littérature Mémoires Gratuits et plus de 31 000 autres dissertations et fiches de lecture. Commentaire littéraire (Jean de la Bruyère, Les Caractères, De l'homme). 2. Un homme sans gêne ni scrupule Certes, Gnathon Résumédu document. Etude linéaire du fragment 22 du chapitre De la Cour dans Les Caractères de La Bruyère. L'on se couche à la cour et l'on se lève sur l'intérêt; c'est ce Lemoraliste dénonce la vanité humaine, la bêtise et surtout la primauté de la naissance sur le mérite. Nous discuterons alors de l’extrait de la préface des Caractères où La Bruyère écrit « Unsujet de dissertation guidé pas à pas, avec des étapes pour vous aider à analyser le sujet, mobiliser vos connaissances, organiser votre réflexion et rédiger. Ressources en lien 1 re T 1247mots 5 pages. Montre plus. Dissertation de Français. Sujet : « L’homme n’a point d’usages ou de coutumes qui ne soient de tous les siècles ». Vous discuterez cette affirmation de La Bruyère dans Les Caractères, en illustrant votre réflexion par des exemples précis des textes étudiés et du livre « Récits pour Aujourd’hui ». I Les sujets de dissertation au bac de français 2021. Le baccalauréat 2021 a été fortement impacté par la crise liée au COVID et a donc fait l’objet d’aménagements visant à faciliter les épreuves pour les lycéens. Ceux-ci se sont donc vus offrir bien davantage de choix que lors des années précédentes, pour tenir compte du fait Propositionde sujet pour une dissertation en lien avec Les Caractères de La Bruyère, avec un exemple de plan détaillé. Jump to navigation. Les nouvelles oeuvres au programme 2022 . Traitant de l'oeuvre du XVIIème siècle au programme des agrégations externes de Lettres classiques et de Lettres modernes ainsi qu'au concours spécial de l'agrégation, l'ouvrage propose un complément utile à la réussite du candidat. Comme tous les "Autres regards", l'ouvrage composé de point de vue complémentaire du Clefs Concours consacré au même sujet. Fiche technique Référence 460625 ISBN 9782350306254 Hauteur 17,8 cm Largeur 12 cm Nombre de pages 160 Reliure broché Format poche INTRODUCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .13 Françoise POULET, Myriam TSIMBIDY et Arnaud WELFRINGER LE CORPS DANS LES CARACTÈRES DE LA BRUYÈRE REPRÉSENTATIONS, SIGNIFICATIONS ET ÉCRITURE . . . . . . . . . . . . .21 Marine RICORD DE PRÈS, DE LOIN LES ACCOMMODATIONS DU MORALISTE . . . . .35 Olivier LEPLATRE LE PEUPLE DANS LES CARACTÈRES DE LA BRUYÈRE . . . . . . . . . .55 Pierre RONZEAUD ENJEUX DU NOM PROPRE FICTIONNEL DANS LES CARACTÈRES DE LA BRUYÈRE . . . . . . . . . . . . . . . . . .69 Tiphaine ROLLAND GOÛTER LES TEMPS’ LE MOMENT MODERNE POUR LA BRUYÈRE . . . . . 87 Delphine REGUIG LES CARACTÈRES, LE SAVOIR DE LA LITTÉRATURE . . . . . . . . . . .105 Laurence GIAVARINI PARLER À ZÉNOBIE ÉNONCIATION TROUBLE ET FABRIQUE DE L’HERMÉTISME DANS LA REMARQUE 78 DU CHAPITRE DES BIENS DE FORTUNE’ . . . . . . . . . . . . 121 Yohann DEGUIN ÉLÉMENTS POUR UNE ÉTUDE STYLISTIQUE DES PRONOMS RELATIFS DANS LES CARACTÈRES . . . . . . . . . . . .133 Nicolas LAURENT BIBLIOGRAPHIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .149 Sous la direction de Françoise Poulet, responsable de la partie “Travail du texte” des volumes Atlande consacrés aux programmes de Littérature française du XVIIe et du XVIIIe siècle, est maître de conférences à l’Université Bordeaux Montaigne. Myriam Tsimbidy dirige la partie “Littérature” des volumes Atlande consacrés aux programmes de littérature française du XVIIe siècle. Elle est professeur à l’université Bordeaux Montaigne. Arnaud Welfringer est maître de conférences à l’université Bordeaux Montaigne, et spécialiste de littérature française du XVIIe siècle et de théorie littéraire. Avec des contributions de Yohann Deguin est professeur agrégé de Lettres modernes et docteur en Langue et Littérature françaises de la première modernité. Il a consacré sa thèse aux Mémoires d’Ancien Régime et travaille sur les identités collectives dans les écrits non-fictionnels. Laurence Giavarini est maîtresse de conférences HDR en Littérature française du XVIIe siècle, membre du centre Chevrier université de Bourgogne et du Grihl CRH-EHESS. Elle travaille sur les politiques de la littérature au XVIIe siècle, la question libertine, la notion d’expérience. Elle est l’auteur de La Distance pastorale. Usages politiques de la représentation des bergers xvie-xviie siècles, Paris, Vrin-Ehess, “Contextes”, 2010, de plusieurs collectifs Construire l’exemplarité. Pratiques littéraires et discours historiens xvie-xviiie siècles, actes du colloque de Dijon mars 2006, EUD, 2008 ; L’écriture des juristes, actes du colloque de Dijon, Paris, Classiques Garnier, “Études et textes de la Renaissance”, 2010 ; Pouvoir des formes, écritures des normes. Brièveté et normativité Moyen Âge/Temps Modernes, actes augmentés du colloque de Dijon juin 2013, Dijon, EUD, “Sociétés”, 2017. Elle a participé au collectif du GRIHL, Écriture et action. xviie-xixe siècle, une enquête collective, Paris, Éditions de l’EHESS, “En temps et lieux”, 2016. Nicolas Laurent est maître de conférences en Linguistique et stylistique françaises à l’École Normale Supérieure de Lyon et membre de l’IHRIM UMR 5317. Ses travaux portent en particulier sur le nom propre et ses “seuils” La Part réelle du langage. Essai sur le système du nom propre et sur l’antonomase de nom commun, Paris, Champion, 2016, la pensée de l’individu dans la langue, la grammaire de la phrase, la sémantique et la stylistique des mots grammaticaux, l’épistémologie du style. Il a été président de la commission de grammaire de l’agrégation externe de Lettres Modernes 2015-2018. Olivier Leplatre est professeur de Littérature française à l’Université Jean Moulin Lyon 3 où il enseigne la littérature du XVIIe siècle. Il a publié plusieurs travaux sur cette période, consacrés notamment à La Fontaine et Fénelon. Il s’intéresse également aux rapports entre textes et images. Il est cofondateur de la revue en ligne Textimage. Sur La Bruyère, il a entre autres fait paraître un ouvrage intitulé “Les Caractères”, Jean de La Bruyère, Bordas, coll. “L’oeuvre au clair”, 2004. Delphine Reguig est professeure de Littérature française du XVIIe siècle à l’université Jean Monnet Université de Lyon – Saint Étienne. Ses travaux, qui se situent au croisement de l’histoire des idées et de la poétique, ont donné lieu à des publications parmi lesquelles on peut compter par exemple Le Corps des idées pensées et poétiques du langage dans l’augustinisme de Port-Royal Arnauld, Nicole, Pascal, Mme de Lafayette, Racine, Paris, Champion, 2007 et Boileau poète. “De la voix et des yeux…”, Paris, Classiques Garnier, 2016. Elle a rédigé, à destination du public étudiant, l’ouvrage Histoire littéraire du xviie siècle, Paris, Armand Colin, collection “Cursus”, 2017. Parmi ses entreprises en cours, elle est actuellement responsable de l’édition critique en ligne du Parallèle des Anciens et des Modernes de Charles Perrault Marine Ricord est maître de conférences à l’Université de Picardie Jules Verne, spécialiste de Littérature française du XVIIe siècle, en particulier des moralistes. Elle est l’auteur de l’ouvrage “Les Caractères” de La Bruyère ou les exercices de l’esprit, Paris, “Écrivains”, 2000. Tiphaine Rolland est maître de conférences en Littérature française du XVIIe siècle à Sorbonne Université Paris. Elle est spécialiste des traditions de la fable et du conte à rire de la première modernité, de ses métamorphoses dans l’œuvre de La Fontaine et de la représentation du divertissement à la Renaissance et à l’âge classique. Elle est l’auteur de deux livres L’Atelier du conteur. Les Contes et nouvelles de La Fontaine Champion, 2014 et Le “vieux magasin” de La Fontaine. Les Fables, les Contes et la tradition européenne du récit plaisant Droz, 2020. Elle est trésorière de la Société des Amis de La Fontaine et secrétaire de rédaction de la revue Le Fablier. Pierre Ronzeaud est professeur émérite de Littérature française à Aix-Marseille Université. Il préside la Société de Littératures classiques et dirige la revue Littératures classiques. Ses travaux portent notamment sur le peuple, les harengères, l’Utopie, la littérature politique, les pamphlets, les Mazarinades, les mémorialistes Retz, Saint-Simon, La Rochefoucauld, les moralistes La Bruyère, Fénelon, la poésie Théophile de Viau, Molière, Corneille, Racine, etc. Il vient de codiriger le n° 100 de Littératures classiques L’Aventure au xviie siècle, itinéraires d’une notion janvier 2020. En 1963, Roland Barthes assignait à La Bruyère “une place ambiguë” “l’école lui reconnaît une grande importance, met ses maximes, son art, son rôle historique en sujets de dissertation […]. Cependant, hors l’école, […] la critique elle-même s’est peu souciée de renouveler l’image toute scolaire que nous avons de lui ; son œuvre ne s’est prêtée à aucun des langages nouveaux de notre siècle […]. Connu à l’égal des grands noms de notre littérature, La Bruyère est cependant déshérité, on dirait presque désaffecté ; il lui manque même ce dernier bonheur de l’écrivain être méconnu” [BARTHES, 2002, p. 473]. Est-ce forcer le trait de considérer que depuis tout s’est inversé ? Si la critique s’est largement appliquée à modifier et préciser notre compréhension de l’auteur des Caractères, “l’école” ne lui reconnaît plus guère l’importance qu’il avait il y a encore quelques décennies. Faut-il corréler cette perte d’importance scolaire à l’absence de La Bruyère des programmes d’agrégation depuis 1991 – soit depuis pas moins de vingt-huit ans ? La Fontaine, Molière, Racine, Corneille ou Pascal pour s’en tenir aux “grands noms” du canon scolaire auquel allude Barthes n’ont pas connu semblable éclipse au cours des dernières décennies. quoi qu’il en soit, on ne peut que souhaiter que, désormais à nouveau familier des agrégatifs et des futurs agrégés, La Bruyère retrouve “une grande importance” – mais, précisément, une importance nourrie des renouvellements apportés par la critique à la description et à la compréhension de son œuvre c’est du moins ce à quoi aimerait contribuer le présent recueil d’articles. LES CARACTÈRES LA BRUYÈRE comédie sociale Jean de La Bruyère est un moraliste classique. Il publie pour la première fois Les Carcactères ou les moeurs de ce siècle en 1688 à Paris. Or, l’écriture de cette oeuvre aurait débuté dès 1670. D’ailleurs, la réflexion et l’écriture de cet ouvrage se poursuivra jusqu’à sa mort en 1696. Ainsi, une neuvième édition paraîtra après la mort de l’auteur. En outre, l’auteur s’inspire de l’auteur grec Théophraste dont il se dit simplement le traducteur, au début des Caractères. Les livres V à X seront étudiés à travers le prisme du parcours la comédie sociale. Notre méthode complète pour réussir le commentaire condensée dans un petit guide. 1. Les Caractères de La Bruyère, analyse d’une forme moraliste L’oeuvre se compose de maximes et de portraits. A. Des maximes Ainsi, cette forme concise et frappante, utilisée avec une grande maîtrise par La Rochefoucauld est également employée par La Bruyère dans Les Caractères. B. Des portraits Mais La Bruyère montre de grands talents d’observation. Ainsi son oeuvre montre les travers humains et sociaux à travers des descriptions très fines de personnages, mettant en évidence des défauts. décalage humoristique Si les livres se succèdent selon un plan général, à l’intérieur de chaque livre, la succession des paragraphes semble plutôt suivre une succession piquante. En effet, le moraliste semble plutôt vouloir surprendre son lecteur que de respecter une architecture 5 peinture des moeursChapitre 6 idées sociales et politiquesChapitre 7 de la villeChapitre 8 idées sociales et politiquesChapitre 9 de la courChapitre 10 des Grands 3. Les Caractères de La Bruyère, analyse d’une oeuvre classique D’abord, La Bruyère présente son oeuvre avec modestie et s’inscrit dans la lignée des Anciens lorsqu’il se place dans la lignée du grec Théophraste. auteur du IIIème siècle avant JC Cette démarche apparaît comme tout à fait son écriture est vive et La Bruyère utilise la rhétorique comme dans Voyage au pays de la cour ». Il emploie effectivement un subterfuge pour faire la satire de la cour. Il prétend faire le portrait au vitriol d’un peuple de sauvage. Mais La Bruyère joue également sur des apologues. Ainsi, au chapitre X, § 9, il a recours à l’ironie pour mieux dénoncer la guerre et ses atrocités. Pour conclure, Les Caractères de La Bruyère semblent s’inscrire dans un héritage antique, comme le veut le Classicisme. Cependant, la pensée et la vivacité du style de La Bruyère est en fait très moderne et préfigure déjà la liberté de ton des philosophes des Lumières comme Voltaire ou Montesquieu. 4. La comédie sociale dans Les Caractères de La Bruyère Le théâtre Ainsi, La Bruyère fait référence à la comédie et à la Des biens de fortune », 31 Le peuple souvent a le plaisir de la tragédie il voit périr sur le théâtre du monde les personnages les plus odieux, qui ont fait le plus de mal dans diverses scènes, et qu’il a le plus haïs. » Ici, La Bruyère s’attache à analyser le goût des spectateurs pour la tragédie qui est un divertissement moral. En effet, la catharsis doit permettre au spectateur de purger ses passions. Ainsi, lorsqu’on assiste à une pièce tragique, le héros ou l’héroïne commet des erreurs, des fautes et paie de sa vie les fautes commises. Nous ressortons purgés de ces passions, autrement dit, nous ne commettrons pas ces mêmes erreurs dans notre La Bruyère se réfère à des noms célèbres de la comédie, genre très apprécié au XVIIème Des Grands », 50. Aussi les Pamphiles sont-ils toujours comme sur un théâtre gens nourris dans le faux, et qui ne haïssent rien tant que d’être naturels ; vrais personnages de comédie, des Floridors, des Mondoris. » Ainsi, La Bruyère dénonce l’hypocrisie en s’appuyant sur des noms de comédiens célèbres à l’époque. Une écriture dramatisée théâtralisée Effectivement, La Bruyère prend appui sur une écriture vivante, des petites scènes Des Grands », 37. Quelqu’un vous dit Je me plains d’un tel, il est fier depuis son élévation, il me dédaigne, il ne me connaît plus. — Je n’ai pas, pour moi, lui répondez-vous, sujet de m’en plaindre ; au contraire, je m’en loue fort, et il me semble même qu’il est assez civil. Je crois encore vous entendre vous voulez qu’on sache qu’un homme en place a de l’attention pour vous, et qu’il vous démêle dans l’antichambre entre mille honnêtes gens de qui il détourne ses yeux, de peur de tomber dans l’inconvénient de leur rendre le salut ou de leur sourire. » Ainsi, nous le voyons les brèves répliques, les tirets, les guillemets suffisent à donner vie à une parole. La Bruyère donne vie à la morale. Le théâtre du monde D’abord, la théâtralité permet de dénoncer le règne des illusions. Or, la métaphore du théâtre du monde est très en vogue à l’époque classique. Un grand nombre d’auteurs et de pièces baroques prennent appui sur cette métaphore, citons Shakespeare dans Macbeth ou La tempête, Les illusions comiques de Corneille, La vie est un songe de Pedro Calderon de la que dit cette métaphore de notre monde? D’abord, elle s’inscrit dans un référent religieux avec un Dieu démiurgique. Ainsi, chaque individu vit dans l’illusion qu’il est libre et joue son rôle dans une vaste De la cour », 99. Dans cent ans, le monde subsistera encore dans son entier ce sera le même théâtre et les mêmes décorations, ce ne seront plus les mêmes acteurs. » Ainsi, nous pouvons le constater, cette métaphore du theatrum mundi donne à voir la vanité de la vie humainePar ailleurs, La Bruyère veut donner à voir les faux semblants. Pour cela, il montre l’envers du décor théâtral. Au fond, ce sont les artifices qu’il veut mettre en Des biens de la fortune », 25 Si vous allez derrière un théâtre, et si vous nombrez les poids, les roues, les cordages, qui font les vols et les machines ; si vous considérez combien de gens entrent dans l’exécution de ces mouvements, quelle force de bras, et quelle extension de nerfs ils y emploient, vous direz Sont-ce là les principes et les ressorts de ce spectacle si beau, si naturel, qui paraît animé et agir de soi-même ? » Vous vous récrierez Quels efforts ! quelle violence ! » De même n’approfondissez pas la fortune des partisans. » Pour aller plus loin, d’autres fiches peuvent t’aider –Biographie de La Bruyère –Les Caractères de La Bruyère texte intégral+ PDF –Gnathon explication linéaire Navigation des articles Tout est dit et on vient trop tard depuis plus de 7 000 ans qu’il y a des hommes et qui pensent », disait La Bruyère dans Les Caractères, publié en 1688. Cette opinion était partagée par bien d’autres auteurs du XVIIe siècle qui ont largement pratiqué la réécriture, puisant notamment leur inspiration dans les textes de l’Antiquité. Mais si tout est dit », pourquoi le réécrire ? Plaçons-nous du point de vue du lecteur et demandons-nous ce qui motive son intérêt pour une réécriture la ressemblance avec le modèle ou, au contraire, ce que l’on en distingue ? Pour le savoir, nous expliquerons d’abord l’intérêt du lecteur pour une réécriture fidèle à l’œuvre qui l’a inspirée, puis nous mettrons en évidence la richesse qu’il trouve dans les écarts entre l’une et l’autre. Astuce Un plan en trois parties n’est pas obligatoire. Quand le sujet s’y prête, comme ici, mieux vaut une réponse bien construite en deux parties qu’un développement en trois parties peu convaincant. La ressemblance d’une réécriture avec son modèle conditionne l’intérêt du lecteur. En effet, le lecteur y cherche tout d’abord à retrouver des personnages et des thèmes qu’il connaît et qu’il apprécie, parfois depuis sa plus tendre enfance. Ainsi, en lisant Vendredi ou les limbes du Pacifique ou Vendredi ou la vie sauvage de Michel Tournier, réécritures du roman de Daniel Defoe intitulé Robinson Crusoé, ce sont surtout les personnages de Robinson et de Vendredi ainsi que les thèmes de la solitude et de la survie sur une île déserte que le lecteur a plaisir à retrouver, s’il les a déjà appréciés dans le modèle. Son intérêt dépendra donc fortement de la ressemblance de la réécriture avec le modèle qu’il connaît et espère reconnaître. Aussi, en lisant une réécriture, on peut chercher à découvrir ou se remémorer des classiques » afin de construire ou consolider les éléments de notre culture commune. C’est notamment le cas pour les œuvres qui reprennent les mythes antiques. En assistant à une représentation d’une pièce de Racine, ce sont les héros de l’Antiquité tels qu’Andromaque, Bérénice ou Phèdre et leurs aventures que le spectateur souhaite voir, comprendre et retenir plus la réécriture ressemblera à son modèle, plus le lecteur ou spectateur sera intéressé et satisfait de pouvoir accéder à un patrimoine qui a traversé les siècles et se l’approprier. Enfin, le fait, pour le lecteur, de reconnaître des références et allusions à un modèle contenues dans une réécriture crée une complicité intellectuelle avec l’auteur, source de plaisir. C’est le cas dans les Fourberies de Scapin, quand le lecteur initié s’aperçoit que Molière a intégré la phrase Que diable allait-il faire dans cette galère ? », empruntée à une pièce de Cyrano de Bergerac intitulée le Pédant joué. Cela introduit même une dimension ludique le lecteur teste » ses connaissances littéraires et se félicite de saisir des références qui restent cachées à ceux qui les ignorent. Si le lecteur aime reconnaître le modèle dans une réécriture, il est néanmoins aussi intéressé par ce qui l’en distingue. Une réécriture peut chercher à développer son modèle, à ajouter de nouveaux éléments narratifs et donner une nouvelle épaisseur au récit et aux personnages. Les différentes réécritures de la légende du Masque de fer en donnent un bon exemple alors que Voltaire, dans Le Siècle de Louis XIV, a cherché à s’en tenir aux faits historiques, Victor Hugo donne la parole au personnage et à sa souffrance dans une pièce de théâtre, Les Jumeaux, tandis qu’Alexandre Dumas intègre l’homme au masque de fer aux aventures de ses Mousquetaires dans Le Vicomte de Bragelonne. Chaque texte suscite l’intérêt du lecteur en apportant de nouveaux éléments à la légende, en complétant et en apportant différentes réponses aux questions laissées en suspens par de premiers récits mystérieux. Aussi, la réécriture peut s’éloigner du modèle en le transposant à une autre époque, en l’adaptant à un nouveau contexte. Ainsi, l’Antigone écrite par Jean Anouilh est bien une réécriture du mythe antique, mais, écrite pendant la Seconde Guerre mondiale et jouée pour la première fois en 1944, elle fait écho à une nouvelle réalité qui l’écarte de son modèle et en renouvelle l’écho. Son auteur lui-même l’affirme Citation L’Antigone de Sophocle, lue et relue, et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre […]. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre. » Dans la pièce d’Anouilh, le personnage d’Antigone représente la révolte, la Résistance, le refus du compromis avec l’ennemi. De même, le classique Roméo et Juliette de Shakespeare se voit réactualisé en 1957 dans la comédie musicale West Side Story qui transpose la pièce dans un New York déchiré par les haines raciales et les problèmes posés par l’immigration dans l’Amérique des années 50. Enfin, réécrire, c’est parfois transposer une œuvre ou un thème dans un style différent dans ce cas, l’enjeu peut être esthétique, ludique voire humoristique. Ainsi, les auteurs classiques, au XVIIe siècle, reprennent les tragédies antiques fidèles à leurs modèles, ils cherchent néanmoins à atteindre une perfection qui justifie des modifications telles que le respect de la règle des trois unités et des règles de bienséance et de vraisemblance. De même, Jean de La Fontaine s’inspire fortement d’Ésope et de Phèdre, mais ne se contente pas de les traduire il renouvelle la fable en accordant au récit une place prépondérante, rendant de ce fait la lecture plus accessible et agréable. Au XXe siècle, Raymond Queneau, quant à lui, s’amuse, dans ses Exercices de style, à écrire la même histoire de 99 façons différentes injurieux », précieux », télégraphique », lettre officielle », etc. l’intérêt de la réécriture réside ici dans l’inventivité, la créativité de chaque nouveau texte. Ce type de transposition peut même avoir un effet comique dans la parodie. Le lecteur trouve donc son intérêt pour une réécriture autant dans sa ressemblance avec son modèle que dans ce qui l’en distingue. Ce sont en effet son goût, sa curiosité pour ces modèles, ainsi que la relation particulière que leur connaissance instaure avec les auteurs, qui déterminent l’intérêt et le plaisir du lecteur. Mais c’est aussi la redécouverte de la portée d’une œuvre ou son enrichissement par sa transposition dans une autre époque, un autre genre ou un autre style. Et c’est justement cette dualité qui constitue la richesse et la singularité d’une réécriture.

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